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Neuf TV : question de boutons


Pour ceux qui n’ont pas de Neuf TV HD, la partie télévision de l’offre Neuf Télécom, voici une image de sa télécommande :

Tout le monde reconnaitrait, avec une image de meilleure qualité, le bouton « play/pause », quatrième en partant du bas, qui sert à mettre en pause le direct, comme dans la pub (« hop, hop, hop, hop »)

Par contre, le dernier bouton de la télécommande, nommé « …. », m’a toujours intrigué : un appui sur ce dernier affiche « Index positionné » à l’écran, comme sur les magnétoscopes.

Problème : la Neuf TV HD n’a pas vraiment l’air d’en tenir compte. Contrairement à un magnétoscope, il semble impossible de la faire revenir à la position définie par cet index.

Et voilà que je découvre que le Staff Neuf Télécom a répondu à cette grande question dans un post du Forum Neuf TV :

pour le moment il ne sert a rien.
bonne soirée.

Au moins, c’est clair.

Cycle de vie des rencontres


Nouveau lieu de travail, nouveaux voisins, amis d’amis : aujourd’hui, vous rencontrez quelqu’un, en vrai ou par internet.

Vous commencez à lui parler de tout et de rien, du temps et de votre trajet quotidien, de votre travail : des banalités sans importance, qu’il (ou elle) aura bien vite oubliées.

Puis vous commencez à parler de votre parcours, de vos études, de vos amours : plus généralement, de votre vie, de ce que vous avez vécu, de vos expériences – et beaucoup de ce qui vous met en valeur, forcément, ou du moins ce à quoi vous souriez aujourd’hui.

Par la suite, vous osez échanger certains points plus personnels : comment vous avez vécu votre dernière rupture, ce que vous pensez de votre ami(e) actuel(le), comment vous voyez votre futur. En parallèle, vous commencez aussi à le (ou la) connaître. Découvrir quelqu’un est une activité passionnante, même si elle demande un temps certain. Savoir que quelqu’un nous écoute, que quelqu’un nous fait confiance, est valorisant.

Parfois vous en dites plus, parfois c’est lui (ou elle). Tout dépend de savoir si vous aimez écouter les gens raconter, ou si vous préférez parler vous-mêmes. Souvent, de toute façon, vous n’arrivez même pas à cette étape.

Et puis un jour, vous savez tout l’un de l’autre – ou du moins assez. Vous n’avez plus vraiment grand-chose de passionnant sur votre vie à raconter (pour peu que le reste l’ait été), et vous revenez vers des discussions plus classiques : des mises à jour de sujets que vous aviez déjà abordés, ou la fabuleuse histoire de votre journée de travail.

Et s’il n’y a plus rien de nouveau, s’il vous n’avez plus rien à partager, s’il n’y a plus de sujet qui vous donne particulièrement envie d’aller lui parler, vous commencez à vous voir de moins en moins, à discuter de manière plus occasionnelle.

Plus ces occasions se font rares, moins vous vous « souvenez », littéralement, de ce que vous lui avez dit la fois d’avant. Zut, je t’ai déjà raconté ça ? Ah, non, ça, oublie, trop long de revenir sur le début de l’histoire. « Et sinon, toi, ça va ? Ouais, moi aussi. Non, rien de neuf ». C’est à ce moment là que vous vous déportez vers d’autres choses, vers d’autres personnes, et qu’il vous faut de plus en plus de temps pour trouver des idées de conversation avec la personne en question.

Après l’oubli de ce que vous avez raconté, arrive l’oubli de ce qu’elle a bien pu vous dire. « Il faisait quoi dans la vie, lui, déjà ?« . N’osant pas lui re-poser ces questions, vous évitez tout sujet de cet ordre, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus aucun.

Et puis, plus rien.

Alors, quelques années après, vous vous souvenez des bons moments que vous avez passés, et cette personne commence à vous manquer. Ah, le bon vieux temps ! Et, au hasard d’un appel, d’un message, d’une conversation, vous reprenez contact, vous vous demandez ce qu’elle peut bien penser de votre tentative de lui parler, vous guettez sa réaction, et, généralement, arrêtez bien vite, déçu qu’elle n’arrive pas à la cheville du souvenir que vous aviez finalement beaucoup exagéré.

Mais vous ne désesperez pas pour autant : parfois, cela fonctionne ; parfois, il est possible de recommencer à discuter. Le temps est d’une grande aide : il a fait s’effacer les pires choses que nous avons pu nous reprocher…

I, Robot (ou pas très loin)


Dans ce post, trois inventions qui ont fait une dizaine de fois le tour de l’Internet – mais pas toujours ensemble…

D’abord, BigDog, dont vous avez probablement entendu parler : c’est un robot qui ne tombe jamais – qu’il se fasse pousser ou qu’il glisse sur du verglas – et qui sait traverser tous types de terrains, accidentés (fin de la vidéo), en montagne, sous la neige, etc.
Son but : transporter jusqu’à 150 kg d’équipements ou de vivres, même dans les terrains difficiles, sans nécessiter aucune aide humaine.
Son coût : 10 millions de dollars (coût du développement).
Autre signe distinctif : un bruit de tondeuse.
La vidéo vaut largement le coup d’être regardée jusqu’au bout pour voir tout ce de quoi il est capable. Au final, c’est un robot sympathique qui pourra aider les populations en difficulté. Via.

Medium: www.youtube.com
Link: www.youtube.com


Dans un autre registre, le robot sentinelle : cette fois, c’est toujours pour l’armée, ça ne bouge pas, mais c’est tout aussi efficace. Le robot repère les humains dans son champ de vision, et, pour les moins coopératifs, leur réserve un sort pas très joyeux. Rien de fondamentalement nouveau, d’ailleurs. Histoire de garder l’aspect joyeux de ce blog, je me contenterai d’un lien vers la vidéo du robot que je vous conseille de survoler. Via.

Et enfin, RepRap, une machine qui se clône toute seule. Elle fonctionne comme une imprimante d’objets en 3 dimensions qui fonctionne par superposition de couches de plastique. Elle est capable de reproduire 60% de ses composants – les autres composants nécessaires (composants électroniques) étant disponibles à bas prix à peu près partout. Le site officiel signale une petite coincidence avec les humains, capables de créer 60% des protéines qui leur sont nécessaires. Même si vous ne parlez pas anglais, survolez au moins les différents objets que cette machine est capable de réaliser. Via.


Séparément, on peut tout à fait comprendre l’intérêt de ces technologies – la première vidéo donnerait presque envie de l’aider vers la fin. Mais qui imaginerait vraiment une seule seconde les mettre ensemble ?

Qu’est-ce qu’une "donnée privée" pour Facebook ?


Installer une application sur son ordinateur présente des risques – et l’utilisateur lambda commence à le comprendre.

Laisser des données personnelles à une entreprise est tout aussi risqué, mais nous prenons bien soin de ne pas cocher n’importe quoi, et de ne partager nos informations qu’avec des entreprises « de confiance ».

Mais quand une entreprise ne sait pas gérer sa sécurité et communique involontairement vos données à un peu n’importe qui, outre le fait qu’elle tombe sous le coup de l’ article 34 de la loi dite Informatique & Libertés (en France)… vos données n’en sont pas moins dans la nature.

Un nouvel exemple avec Facebook, révélé par la BBC et retransmis par Le Monde, est assez édifiant.


Cliquez sur l’image pour lancer la vidéo

Si l’on résume :

  • N’importe qui peut créer une « application Facebook »
  • Toute application, une fois installée par un de vos amis, peut accéder à vos données personnelles, même marquées privées ;
  • Facebook mise sur l’honnêteté des développeurs pour qu’ils ne le fassent pas : « Le site demande en outre aux créateurs d’applications de se conformer à « des conditions d’utilisation » qui leur interdisent notamment de recueillir les coordonnées des utilisateurs« 

Intéressant…

( Source Le Monde | Source BBC)

Données personnelles : se protéger soi-même


Prendre un café à Paris : 4.60eur (hors transport)
Racheter Yahoo : 44.6 milliards de dollars

Nos données personnelles (nom, âge, études, emploi, téléphone, …) : quelques dizaines d’euros par personne, mais pour notre tranquilité, ça n’a pas de prix.

Se faire connaître via la publicité en ligne (sites, mails) est payant. Les entreprises tentent évidemment au maximum de :

  • Ne pas gâcher leur argent en ciblant le plus précisément possible les destinataires de leurs publicités ;
  • Utiliser leurs bases de données internes pour ne pas avoir à payer de campagne.

Pour le premier point, tous les acteurs du domaine (principalement Google via AdSense, Yahoo, et Microsoft) proposent de n’afficher les publicités que sur les sites en rapport avec le domaine de l’entreprise. Certains cas ne se pretent d’ailleurs pas à ce type de marketing – comme les offres d’emploi.

Mais pour le second point, l’entreprise peut :

  • Acheter des bases de données de clients potentiels : les données personnelles ont une valeur monétaire !
  • Se constituer une base elle-même grâce à ses clients actuels et à leurs amis, à des inscriptions sur ses listes de diffusion (newsletter Alapage), à des promesses de promotions (carte Carrefour), etc.

Il y a donc deux possibilités :

  • Soit vous n’êtes pas conscients que l’entreprise s’est procuré un listing avec votre nom y figurant ;
  • Soit vous avez volontairement laissé votre adresse à l’entreprise et l’avez autorisée à vous contacter.

… Mais dans les deux cas, vous êtes régulièrement sollicité par l’entreprise en question, qui vous propose promotions et autres offres spéciales et exceptionnelles qui vous sont personnellement dédiées (ainsi qu’à près d’un million d’autres clients). Et d’ici peu, si vous n’avez pas coché la case spécifiant que « vous ne souhaitez pas être contactés par nos partenaires », vous aurez également droit aux courriers (postaux ou électroniques) de ceux à qui cette base aura été renvendue.

Et pourtant, il est très difficile de changer d’e-mail, de numéro de téléphone, ou encore d’adresse postale, et donc de se débarasser de ces sollicitations. Comment s’en sortir ?

En France, la loi du 6 Janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés (dite loi « Informatique et Libertés ») vous permet de demander à une entreprise possédant des données personnelles vous concernant* :

  • ( Article 32) (a) la communication des données qu’elle possède à votre sujet (b) toute information disponible quant à l’origine de ces données ;

  • ( Article 39) les finalités du traitement des données personnelles (ce qu’elle en fait), et les destinataires auxquels ces données sont communiquées ;

  • ( Article 38) de prendre en compte votre opposition à toute utilisation de vos données à des fins de prospection, ou de supprimer toutes les données personnelles vous concernant.

Cette loi est expliquée très clairement sur le site de la CNIL, mais sa version intégrale est facilement lisible. N’hésitez pas à utiliser l’adresse de contact de l’entreprise pour lui préciser vos souhaits en matière de données personnelles.

Il est intéressant de constater la diversité des réactions à un courrier demandant des informations à ce sujet. Certaines entreprises semblent découvrir l’existence de cette loi, alors que d’autres sont préparées et ont déjà la réponse-type incluant l’ensemble des réponses aux questions posées.

Plus il y aura de demandes d’informations de notre part à tous, plus les entreprises seront sensibilisées à l’existence de cette loi. De là à ce qu’ils la respectent, il y a un gouffre. Déjà qu’en matière de sécurité, il y a du chemin à faire…

Update: Voilà le type de problèmes auxquels s’attendre, même chez les plus grands…

(* Cet article ne se substitue évidemment pas à la loi Informatique & Libertés qu’il est conseillé de lire pour lever toute imprécision)

Un papillon disparait


L’ effet papillon, vous connaissez ? C’est une théorie selon laquelle de petites causes peuvent mener à un grand effet.

D’un point de vue physique…
Cette théorie est aujourd’hui attribuée à Edward Lorenz, météorologue américain né en 1917. Il a construit un modèle mathématique (patience, la suite de l’article sera plus intéressante !) du mouvement de l’air dans l’atmosphère, et a remarqué que le temps ne changeait pas toujours comme initialement prévu (bonne excuse pour expliquer pourquoi la météo n’est pas très précise ;-) ).

Plus précisément, en 1960, ces modélisations étaient déjà réalisées par informatique : en entrant « 0.506″ au lieu de « 0.506127″, il a découvert que de très petites variations dans les valeurs initiales pouvaient donner des prévisions totalement différentes.

D’où la conférence sur le thème suivant : et si le battement des ailes d’un papillon suffisait à changer les conditions initiales ? Et si ces minuscules changements dans l’atmosphère pouvaient créer ou empêcher l’apparition d’une tornade ? Ces incertitudes ne sont-elles finalement pas inévitables ?

D’un point de vue à peine philosophique…
Entre temps, ce concept a été repris au cinéma via les voyages dans le temps : qu’arriverait-il si nous étions en mesure de modifier le passé – est-ce que le fait de tuer un insecte pourrait changer la face du monde ?

En 1946, dans It’s a Wonderful Life ( La Vie est Belle), un ange gardien montre à son protégé ce que la vie serait sans lui – un petit élément modificateur qui fait tout changer.
Plus récemment, en 2004, The Butterfly Effect met en scène une personne capable de modifier une partie de son passé… et d’en subir les conséquences les plus improbables.
Evidemment, on ne pourra conclure cette partie sans mentionner la trilogie Retour vers le Futur de la fin des années 80, entièrement basée sur ce problème…

Bien évidemment, si la théorie était acceptée telle quelle, le simple fait de voyager dans le passé changerait tout au présent – il n’y aurait pas besoin de toucher à quoi que ce soit ! D’ailleurs, si nos modifications dans le passé nous avaient empêchés de naître, nous n’aurions pu faire ces modifications, et donc serions nés. C’est le paradoxe temporel que je vous laisse le soin d’étudier de votre côté…

La disparition du papillon
Pourquoi ce sujet aujourd’hui ? Simple : le 16 Avril 2008, le père de cette théorie mathématique, Edward Lorenz, est décédé.

* A l’origine, Lorenz a parlé d’un Goéland, mais un papillon, ça passe quand même mieux…

D’une gare à l’autre


Il y a des gens que l’on rencontre, que l’on découvre, que l’on ne voudrait plus quitter.
Il y a des gens que, finalement, on perd de vue, mais qu’on n’oublie pas pour autant.

Et il y a ces moments où on les revoit, où on leur parle comme si on les cotoyait tous les jours, comme s’il n’y avait pas eu ces trois années d’absence et de vie parallèle, ces 700 km entre nous.

D’une gare à l’autre, de passage, sans s’arrêter, un sourire, des souvenirs, toute une vie derrière nous… et pourquoi pas devant ?

Journée sans Chocolat : coup d’envoi (again)


( via)

N’oubliez pas : aujourd’hui, c’est la tant attendue Journée Sans Chocolat.

Mettez de côté vos céréales au chocolat, votre traditionnelle tartine de Nutella du matin, vos cookies, vos desserts au chocolat, votre chocolat chaud, et même le petit carré de chocolat dont vous vous délectez avec le café.

Oui, même celui-là.

Courage, tout sera terminé dans moins de dix-sept heures.

Journée sans Chocolat, deuxième édition


Deux carrés de chocolat noir par jour permettent de baisser la tension artérielle sans prise de poids grâce aux flavonoïdes.


Image © jupiterimages.com

Et pourtant… le printemps est signe de régimes en prévision de l’été, et qui dit régime dit généralement privation.

La Journée sans Chocolat, inventée le 12 Mars 2007, vous permettra de profiter de cette substance pendant la saison complète, tout en faisant un léger break le 12 Avril.

Cette date est symbolique puisque choisie chaque année sur la base du premier 12 du mois après Pâques. Lors de la JSC – Journée Sans Chocolat – vous n’aurez pas encore consommé tous les chocolats que vous aurez achetés pour Pâques, et devrez pourtant résister pendant vingt quatre heures… temps jusqu’à la délivrance d’autant plus critique que le 12 avril tombe un samedi, et non pendant une journée classique de semaine (pendant laquelle vous n’auriez même pas eu le temps d’y penser).

Le principe de la JSC est de se séparer pour mieux se retrouver comme l’exprime Juliet dans la chanson Avalon ( paroles). Il ne tient qu’à nous de participer à la deuxième édition de la JSC, et d’ici là d’en parler à nos connaissances pour qu’ils souffrent avec nous, le moment venu.

The End


Dernière scène : fin du film. Ecran noir. Les veilleuses s’illuminent et demandent au spectateur de s’en aller aussi vite qu’il est venu. La soirée est terminée, charge à lui de la poursuivre encore une heure ou l’autre s’il le souhaite – charge à lui de repousser l’heure de la fin.

Déménagement : même histoire. Dernier passage dans cette boulangerie, dernières salutations à la concierge, dernière utilisation de cette clé – dernière fois qu’il verra cette fougère, ce bâtiment, ou cette rue.

Chaque évenement de la vie, qu’il s’agisse d’une série télé, d’un emploi, d’une amitié, a une fin, et finalement, il faut s’y faire, et accepter qu’il y a des choses que nous ne ferons plus ou que nous ne verrons plus. Même si le changement est bénéfique, même si l’appartement suivant sera plus grand ou mieux placé, même si nous quittons une personne en sachant que nous la reverrons quelques mois plus tard, nous conservons tout de même ce petit pincement au coeur qui nous fera presque regretter le passé.

Ce sentiment vient – au moins dans mon cas – d’une peur de l’oubli : peur d’oublier les évenements heureux qui ont eu lieu sous ce toit, d’oublier ces personnes ; peur d’un manque à venir, peur du fait que cette situation ne se reproduira peut-être jamais. En conséquence, nous tentons de faire durer le plus possible le présent : repousser la fin une sortie car nous ne reverrons ces personnes que dans un mois, ou même finir un plat que nous n’aurons pas l’occasion de retrouver de sitôt.

Dans d’autres cas, c’est une peur du changement, du futur, de l’inconnu (alors qu’il est si facile de se raccrocher à ce qu’on connaît) – c’est ce qu’explique l’auteur du très court Qui a piqué mon fromage ?, de son nom original Who moved my cheese?, où le fromage représente notre objectif (accomplissement personnel, bonheur, argent, amour, santé ?). Cet objectif se déplace au cours du temps, et il est nécessaire, surtout dans un cadre professionnel, de savoir s’adapter, plutôt que d’attendre cette inévitable fin.

Ce sujet se rapproche beaucoup de la question philosophique du désir et de la recherche du bonheur : le meilleur moment est-il le désir ou son accomplissement ? Le désir est-il une insatisfaction, ou un moteur nous permettant d’atteindre le but suivant ?

Code postal : le dernier refuge de la sécurité


Les sites web vous demandent classiquement, pour vous authentifier, un login et un mot de passe.

Certains sites, par contre, ne sont que des extensions d’un service que vous connaissiez déjà avant l’ère internet (carte de fidélité de votre magasin, compte client sur un site marchand, etc.) et demandent votre numéro client et date de naissance, par exemple.

Avantages: Ces sites partent du principe qu’il est peu probable que quelqu’un tombe sur votre numéro client ET votre date de naissance « par hasard »: la seule manière d’y arriver est de venir consulter vos factures chez vous. L’avantage est qu’il vous suffit d’avoir une facture ou un courrier de leur part, pour pouvoir vous authentifier, sans retenir un 250ème mot de passe.

Inconvénients: Si quelqu’un ouvre votre courrier, tombe sur ledit numéro client, et connaît votre date de naissance, il est quasiment impossible de modifier ces deux valeurs et sécuriser à nouveau votre compte. Mais bon, la facilité prime…

Jusque là, tout va bien (ou presque). Mais dans certains cas, vous n’avez pas accès à votre numéro client, et là, les sites web ont trouvé la bonne solution : vous authentifier à partir de

  • Votre nom ;
  • Votre prénom ;
  • Votre date de naissance ;
  • Votre code postal.

C’est tout. En clair : n’importe qui vous connaissant (ou trouvant ces informations en ligne) peut accéder à votre compte sur le site en question. Et ainsi :

  • Avoir accès à votre adresse postale complète, e-mail inclus ;
  • Modifier votre nom, prénom, adresse, mail, etc.
  • Passer commande d’options et débiter autant sur votre compte (cas des prélèvements automatiques) ;
  • Modifier votre abonnement (cas des abonnements).

… le tout sans envoyer au propriétaire légitime du compte un seul e-mail, courrier de confirmation, ou autre : il le verra bien en se faisant débiter, et pourra s’amuser à expliquer cette faille au service client téléphonique basé dans un pays du tiers-monde où le français est la langue vivante 7 après le roumain et le serbe.

C’est simplement ahurissant : le code postal devient un élément clé de la sécurité de vos comptes : ne dites à personne où vous habitez, et espérez que les cinq chiffres nécessaires (dont parfois deux ou trois sont triviaux !) seront suffisants pour ne pas vous faire pirater de suite. Ou faites comme moi, et fournissez des données erronnées à ces services (« Alllvin » au lieu d’ « Alvin », 14050 au lieu du 54010, etc.), tant que vous pouvez vous en souvenir vous-mêmes.

P.S.: nous passerons sur les noms des services concernés, mais il ne faut pas chercher trop loin non plus.

Biométrie : point de vue légal


La biométrie, c’est l’utilisation de ce que nous sommes pour nous identifier : empreinte digitale, forme de la main, forme du visage, iris, etc. Les systèmes biométriques fonctionnent de la manière suivante :

  • Acquisition des données (poser son doigt sur un lecteur) ;
  • Extraction des données utiles (les points-clés de l’empreinte qui permettent de distinguer l’individu d’autres individus) ;
  • Comparaison avec l’empreinte enregistrée.

Support sur lequel enregistrer les données biométriques
L’empreinte digitale pose tout particulièrement problème, étant donné qu’un individu laisse des traces tout au long de la journée, ce qui peut permettre de le suivre a posteriori – sans son accord (par relevé d’empreintes, tout simplement). Pour toutes les données biométriques de ce type, la conservation des données ne peut se faire sur un serveur centralisé. La seule solution autorisée par la CNIL – la commission nationale de l’informatique et des libertés – est de sauvegarder l’empreinte sur une carte à puce.

Un exemple d’utilisation classique : l’utilisateur insère légèrement sa carte à puce dans une machine demandant une authentification (une porte d’entrée), et pose son doigt sur le lecteur intégré à la carte à puce. La carte vérifie son identité, et communique à la machine le résultat (nom de la personne authentifiée, …). Ainsi, aucune base de données n’aura eu connaissance de cette empreinte.

Par contre, pour toutes les données ne laissant pas de trace, comme la forme de la main (c’est-à-dire qu’il n’est pas possible de retracer a posteriori où a été et ce qu’a fait une personne, si l’on ne connaît que la forme de sa main), un stockage centralisé est autorisable sous réserve de déclaration à la CNIL.

Dossiers examinés
602 dossiers ont été examinés par la CNIL en 2007. Jusqu’à maintenant, hors services officiels (police, …), aucune entreprise n’a été autorisée à stocker des données laissant des traces sur un serveur centralisé : refusé pour l’accès à une cantine par des élèves, tout comme pour l’accès à la salle des machines d’une banque. Par contre, l’authentification par forme de la main a été acceptée pour une autre cantine.

D’autres pays font bien moins cas de ce problème : souvent, au Royaume-Uni, les employés utilisent leur empreinte pour se logguer sur les serveurs de leur entreprise – stockage pourtant clairement centralisé. La question qui se pose est pourtant : que peut-on faire avec votre empreinte ? Si quelqu’un arrive à forger un faux doigt avec vos empreintes, comment pourrez-vous prouver que ce n’était pas vous ? Contrairement à un mot de passe, les empreintes ne se changent pas… Une fois falsifiées, tout dépendra de la sécurité globale du serveur (qui tente de vérifier que le doigt est bien ‘vivant’ par exemple).

Le rond-point avec des mots simples


Êtes-vous plutôt feu rouge ou rond-point ? D’un côté, l’attente ; de l’autre, la fluidité au détriment de la sécurité. Surtout quand on ne sait pas prendre un rond-point…


Place de l’Etoile, Paris (image Google Maps)

Principe : les voitures sur le rond-point sont prioritaires, les voitures sur les axes desservis doivent céder le passage.

Mais tout n’est pas si simple, et nombreux sont ceux qui oublient ces quelques règles de base :

Placement dans le rond-point :

  • Pour sortir avant la moitié du rond-point (c’est-à-dire dans le demi-cercle débutant à votre axe d’entrée), il faut rester sur la file de droite du rond-point ;
  • Pour sortir après la moitié du rond-point, il faut se positionner sur une file intérieure et mettre son clignotant à gauche ;
  • Si l’on ne sait pas encore où sortir, il faut rester sur la file de droite.

Déplacements dans le rond-point :

  • Au niveau de la sortie avant celle que l’on veut prendre, il faut se placer sur la file la plus à droite du rond-point et mettre son clignotant vers la droite ;
  • Une voiture dans une file intérieure n’a jamais priorité sur une voiture dans une autre file.

Outre l’oubli systématique des clignotants, outre les accidents ou du moins ralentissements dus à des personnes trop timides qui ont du mal à se lancer (et pour certains comme à la Place de l’Etoile, on peut le comprendre), le problème principal des ronds-points est encore le dernier élément cité : une voiture n’a aucune priorité en changeant de file, et d’autant plus si elle n’a pas mis son clignotant.

La plupart du temps – et même de plus en plus, les conducteurs ‘imaginent’ qu’il est normal pour les autres conducteurs de savoir qu’évidemment il allait prendre cette sortie, qu’il est donc totalement logique pour lui, sur la file de gauche, de se rabattre sans prévenir et de prendre la sortie qui est à moins de 10 mètres, en genant tout le monde. Et si l’autre automobiliste n’est pas content, il a droit, même en pleine campagne, à quelques appuis sur le klaxon. Quoi, c’est pas comme ça que ça fonctionne ?

Anecdote vécue : comme présenté ici, une voiture A sur la file de gauche veut se rabattre sans faire attention à ceux qui sont sur la file de droite. Pour éviter l’accident (de justesse !), la file de droite ralentit, A freine brusquement, et une voiture B derrière A, surprise, emboutit A. Malheureusement, dans ce cas, la faute va à B qui n’a pas sû freiner à temps, et non à A qui ne sait pas conduire !

Comme quoi – la dangerosité ne passe pas uniquement par la vitesse, et même un bon conducteur se retrouve facilement en tort face à des énergumènes qui pensent être dans leur droit…

Auto-médication informatique


Quand vous demandez à votre informaticien préféré comment effectuer quelque chose, il va souvent vous demander pourquoi.

Mais répondez simplement à ma question !

L’informaticien ne veut pas connaître votre vie privée, ni ce que vous ferez de l’explication qu’il vous donnera. L’informaticien est déjà très gentil de vous aider alors qu’il a probablement mille autres choses à faire.

Non, s’il pose cette question, c’est pour pouvoir vérifier que le problème se situe bien au niveau auquel vous le placez.

Un exemple lu récemment : l’utilisateur veut remplacer l’action effectuée par Windows XP lors d’un clic sur « Ajout/Suppression de programmes ». Oui, mais ça, c’est impossible : il faut remonter à la source du problème, pour trouver d’autres solutions qui fonctionneront.

Si une personne pose une question, c’est qu’elle n’a pas la réponse. Et dans ce cas, autant laisser l’informaticien chercher exactement le problème pour ne pas donner une réponse inutile.

Ecoutez, tout le reste est bon, c’est bien là qu’est mon souci.

C’est là que le problème arrive : l’utilisateur est convaincu d’avoir raison, et, en fonction des relations de l’informaticien avec l’utilisateur (par exemple, si c’est son supérieur hiérarchique dans un monde professionnel) il devient très difficile de faire comprendre à celui-ci qu’il a tort, que ce n’est pas son graveur DVD qui est fichu mais bien le logiciel qui n’est simplement pas à jour*. Malgré tous les tests qu’il a pu faire.

La solution de facilité serait de ne répondre qu’à la question telle que posée, et d’attendre le retour. Dans cet exemple : remplacer le graveur, et faire remarquer que cela ne fonctionne toujours pas.

Bon, ce que vous m’avez dit, ça marche pas.

Mais mettre l’utilisateur devant ses torts est une faute grave : il pensera avoir été trompé par son informaticien, ne reconnaîtra souvent pas ses torts, et finalement lui en voudra de ne pas avoir su l’aider correctement, lui qui n’y connaît rien dans tous ces trucs de PCs !

On va tout reprendre depuis le début, est-ce que votre PC est branché ?

Le problème se pose d’autant plus avec les hotlines – où le hotlineur ne connaît pas le niveau réel de compétence de son interlocuteur, mais où, en fait, lui non plus ne s’y connaît pas tellement. Expliquer à la hotline que vous avez isolé le problème et que c’est bien cette fichue box qui doit être remplacée est vain : il faudra absolument passer par l’étape « vérification de l’ordinateur », même en voyant de la fumée au dessus de la box – et le tout à 0.34eur/min pour encore quelques temps.

D’ailleurs, faire du support par téléphone est plutôt acrobatique : mince, avec cette configuration et les manipulations que je viens de lui faire faire, son ordinateur devrait fonctionner. Mais est-on sûrs que l’utilisateur a bien executé toutes les manipulations sans se tromper ? Qu’il n’a pas décoché une autre case par hasard, ou mis sa valeur à un mauvais endroit ? Si on lui demande de vérifier, évidemment, il regardera au même endroit que cinq minutes plus tôt – et s’enfoncera dans son erreur. Ou concluera par :

Non mais ça, je sais que c’est bon, je l’ai déjà fait avant.

… en fermant toute porte à une résolution de ce côté. Et quel désespoir que d’apprendre plus tard qu’il avait effectivement mal suivi vos instructions, mais vous en veut tout de même de ne pas avoir su l’aider !

Mais non c’est pas de ma faute, j’ai rien touché !

En somme, l’informatique, ce n’est pas uniquement un ensemble de connaissances techniques. Non, l’informatique, c’est de la comm’ : c’est ne pas froisser la sensibilité de ses utilisateurs tout en résolvant les problèmes qu’ils se créent eux mêmes.

(* expérience similaire vécue)

De la formulation des requêtes


Vous aussi, vous recherchez régulièrement des informations sur Internet ? Même sans en connaître le jargon, nous tapons à longueur de journée des requêtes navigationnelles (aller sur un site précis, ex: pagesjaunes), transactionnelles (acheter ou télécharger, ex: download winamp) ou informationnelles (en savoir plus sur un sujet, ex: gouvernement belge).

Deux questions se posent :

  • Comment le moteur de recherche fait-il la différence entre ces trois types de requêtes et améliore-t-il ainsi ses résultats ?
  • Comment écrire une requête de manière à avoir les meilleurs résultats possibles ?

Ce billet résume une étude réalisée à ce sujet et quelques reflexions personnelles.

Représentativité des requêtes (moyenne sur une série de logs)
Quelle est la proportion de requêtes de chaque type ?

  • Requêtes navigationnelles (rechercher un site précis) : à peu près 13% des demandes ;
  • Requêtes transactionnelles (télécharger, acheter) : 25% ;
  • Requêtes informationnelles (se renseigner) : 62%.

Il faut maintenant classifier les requêtes et les sites webs dans chacune des trois catégories. Cela permettra de donner les bons résultats à l’utilisateur pour chaque requête qu’il enverra au moteur de recherche.

Classifier les requêtes
Des batteries de tests ont été effectuées sur différentes requêtes, en faisant attention aux critères suivants :

  • La distribution des mots dans la requête ;
  • Les informations apportées par le fait de mettre plusieurs termes dans la même requête ;
  • La fréquence d’utilisation des mots ;

Certains mots spéciaux peuvent déjà être sortis du lot : le type des requêtes contenant les expressions télécharger, site officiel de, ou qu’est ce que… ? est clairement identifiable !

Classifier les sites
L’idée principale est de chercher les différences entre les pages d’accueil et les autres pages des sites webs.
Si les pages d’accueil (qui sont les pages que l’utilisateur recherche avec une requête navigationnelle) ont des différences significatives avec les autres pages des sites webs, alors il suffit d’exploiter ces différences pour savoir si une requête est informationnelle ou navigationnelle. C’est un premier pas, mais cela ne résout pas tout !

Pour classifier les pages dans une des trois catégories, il est courant de s’appuyer sur :

  • Le titre de la page (peut contenir le nom d’un logiciel, par exemple) ;
  • Les liens hypertextes (s’ils pointent sur un CGI, c’est un service ; s’ils pointent sur un exécutable, c’est qu’ils proposent un téléchargement ; s’ils sont nommés ‘télécharger‘ ou ‘réserver‘, la page a des chances d’être transactionnelle, etc.) ;
  • Ou sur certains mots clés (‘accueil‘, …).

A quelques calculs de fréquences près, un score notant sa probabilité d’être d’un de ces types peut être attribué à la page.

Classifier plus précisément les requêtes
Mais si tout était aussi simple, tous les moteurs seraient au même niveau. Pour améliorer cette recherche, des logiciels MBL sont utilisés (Memory-Based Learning software – logiciels ayant une mémoire). Un vecteur est associé à chaque requête : il pointe sur une des classes possibles, qui représentent les trois types de requêtes. Pour faire simple, si une requête est plutôt proche d’un des trois types, de nouveaux mots sont ajoutés à la classe de ce type.

Avec un exemple vraiment très simple : « installer » est plus proche d’une requête transactionnelle que des deux autres types ; le mot « installer » est donc ajouté au vocabulaire connu pour les requêtes transactionnelles. La prochaine fois qu’il sera rencontré, il sera clairement identifié comme transactionnel.

Classifier plus précisément les pages
Les valeurs définissant si un mot est « proche » d’une classe (et donc d’un type de requêtes) ou non, sont calculées à partir de formules mathématiques (voir l’article en début de billet pour plus de détails). Pour calculer si une page est transactionnelle, il est possible de définir un indice (Service Link Information) qui est fonction du nombre de liens qu’il y a sur la page, du type de liens, du pourcentage de liens vers des executables, etc.

Mieux : cet indice permet de classifier les résultats transactionnels entre eux : lequel est donc le meilleur ?

Et pour les autres types ?
Pour classifier les résultats navigationnels, le PageRank (en simple : la popularité du site en fonction du nombre de liens qu’il a sur d’autres sites) est un bon indice.
Pour les résultats informationnels, des algorithmes plus complexes existent (OKAPI).
Les meilleurs résultats sont obtenus en combinant plusieurs algorithmes avec des poids différents pour chacun.

Ecrire une requête performante
Vient le point qui n’est pas abordé dans ce document, et qui pourtant en découle : pour avoir des bons résultats, il faut écrire une requête comme le moteur l’attend. Quelques exemples :

Préciser le type de la requête : ajouter des mots définissant précisément le type de requête (acheter, télécharger, regarder, …) n’est pas superflu. Si vous tapez « winamp« , recherchez-vous à le télécharger, à aller sur le site officiel, ou à avoir les dernières news le concernant ? Sachez que dans un moteur, le navigationnel est toujours préféré*, suivi du transactionnel.

Utiliser les mots-clés que le moteur connaît : le moteur préfèrera souvent « télécharger » à « téléchargement », pas uniquement parce que les sites ont un gros bouton « télécharger », mais parce qu’il l’a appris ainsi, et reconnaît la requête transactionnelle**.

Être générique plutôt que spécifique : il est beaucoup plus facile pour un moteur de répondre à la requête informationnelle « recherche d’emploi » (attention – c’est bien une requête informationnelle, et non un site précis demandé par l’utilisateur !), qu’à la question « emploi secrétaire rhône-alpes intérim », même si tous les mots clés y sont. Les raisons sont multiples :

  • Le PageRank (la popularité) d’une page d’accueil est plus élevée que celle d’une sous-sous page du site ;
  • La bonne page du bon site n’a peut-être pas encore été indexée, ou ne le sera jamais (si le site d’emploi ne propose aucune liste exhaustive des offres, par exemple) ;
  • La requête est très difficile à évaluer (les mots-clés étant peu connus du navigateur, ou trop nombreux, il a du mal à reconnaître le type de la requête – voir source)

Cela peut être résumé en une phrase : faire comprendre au moteur ce que vous attendez de lui. Imaginez qu’il n’y ait non une machine, mais un humain engagé pour vous répondre, et que vous n’avez pas le droit de faire de phrases complètes – juste des mots-clés : quelle requête comprendrait-il le mieux ?

(Il y a plein d’autres conseils à l’utilisation des moteurs – surtout Google – qui permettent de définir de nombreux paramètres, du type de fichier à la date de parution, mais c’est une autre histoire…)

* Si le site existe dans la langue de l’utilisateur
** Exemple simple mais mal choisi, les deux termes étant en fait reconnus.