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Review : Babylon A.D. ou l’eugénisme électronique


Film de science-fiction classique :

  • Débute par la présentation d’un monde idéal, souvent aseptisé, où les machines permettent à l’homme de vivre mieux qu’au temps présent, où les tables graphiques et autres LCD sont partout, immenses, tactiles, et personnalisés. Couleurs : blanc et teintes lumineuses.
  • Continue par la description de l’arrière-boutique, des raisons pour lesquelles cette utopie tient debout et permet à tous d’être heureux sans travail (physique). Couleurs : blanc et gris pour l’arrière-boutique, parce que finalement, on ne soigne que ce qui est apparent.
  • Arrive ensuite l’élément perturbateur, le problème, qui explique que rien n’est jamais parfait ni tout rose (ni tout blanc, en l’occurrence).
  • Et forcément, vers la trentième minute du film, le monde idéal se casse en mille morceaux, et débutent des poursuites interminables pour retrouver sa liberté - comme si la technologie nous en privait. Couleurs : sombres, tristes, celle d’une vie réelle bien trop monotone.

Les amateurs du genre ont forcément reconnu The Island - mais le schéma s’applique à tout un tas de films de science-fiction : le “problème” est connu dès le départ, et les personnages mettent 1h30 à le résoudre.

Sauf qu’ici, pour  Babylon A.D., c’est l’inverse :

  • Le problème (les raisons du comportement étrange de la femme) est connu dans les quinze dernières minutes.
  • Vu qu’ils mettent 1h15 à découvrir ce qu’il se passe, le problème en question n’est jamais résolu. C’est ce qui fait les critiques négatives du film, émises par ceux qui s’attendent au schéma classique de la SF.
  • Les couleurs du début sont donc très sombres, sauf lors de la première rencontre avec la femme en question, et s’éclaircissent uniquement à la fin.

Ce qui m’intéresse ici n’est pas de parler du film, mais plutôt de ce qu’il en reste à la sortie. Pour pouvoir en parler, je pars du principe que vous avez déjà vu le film ou n’irez pas le voir - et dans ce cas, voici la fin

La femme (la très charmante Mélanie Thierry) est un OGM humain (c’est déjà moins charmant de le dire comme ça), et a été modifiée par implémentation d’une intelligence artificielle, puis programée pour faire naître des jumeaux, de manière à peupler la Terre d’une nouvelle espèce d’êtres humains, plus intelligents, capables d’apprendre instantanément et dès le plus jeune âge (des encyclopédies sur pattes).

Eugénisme : “social philosophy which advocates the improvement of human hereditary traits through various forms of intervention.” - philosophie qui défend l’amélioration des caractères humains à travers diverses formes d’interventions.

Le sujet est posé : l’eugénisme - l’amélioration de l’espèce. Jusque là, l’eugénisme consistait à sélectionner les meilleurs êtres humains et à leur donner un traitement adapté ( Le Meilleur des mondes). Ici, l’auteur (qui n’est pas Mathieu Kassovitz, mais bien Maurice G. Dantec, l’auteur de Babylon Babies, le livre de 1999 à l’origine du film) ne décide pas de choisir les meilleurs de l’espèce humaine, comme nous le faisons déjà avec les animaux, mais bien de créer une nouvelle espèce. Deux espèces d’humains seraient en concurrence, et avec un soupçon de darwinisme, seule la plus adaptée, la plus forte, resterait. Probablement pas l’homo-sapiens actuel.

Choquant ? Nouveau ? Pas vraiment : modifier génétiquement une plante pour qu’elle soit plus résistante, plus forte, pour éviter l’utilisation de pesticides toxiques pour la planète, tout cela existe déjà : ce sont des organismes génétiquement modifiés (OGM). Si ces organismes n’étaient pas contrôlés, ils prendraient en quelques générations le pas sur les plantes “naturelles”, puisque plus adaptés aux conditions extérieures.

Et si changer à tout jamais une plante n’est pas si ennuyeux, et si clôner un animal ne le sera clairement plus non plus, espérons qu’il ne nous viendra pas l’idée de nous changer nous-mêmes

Review : Modern Love


Modern Love. Juste à lire le titre - et un peu à voir les affiches, on s’attend à une histoire d’amour comme les autres, qui se passe comme dans les films, et où tout finit bien, forcément.

Mais Modern Love c’est surtout une belle comédie à prendre à un degré largement supérieur, parsemée de touches d’humour pile lorsque les scènes auraient pu devenir lourdes et ennuyeuses - et qui peut finalement autant intéresser les hommes, pourtant très peu réputés fleure bleue et eau de rose, que les filles toutes douces douées pour la vie à deux.

Trois histoires en parallèle : deux sont réelles et déchirantes, une est un film… dans le film, avec ses coups de foudre et ses chevaliers qui changent la donne quand tout semble perdu. Les personnages principaux, Eric et Elsa, ont une vision très précise de leur idéal - et leur voeu est exaucé… mais la vie est toujours plus belle en rêve qu’en réalité.

Dans le film, simple et structuré, c’est Alexandra Lamy et Stéphane Rousseau qui s’y collent - ou l’improbable rencontre entre une artiste peintre et le directeur du magazine Modern, séducteur et éternel célibataire. C’est une comédie musicale aux chansons simples mais bien pensées, et pour lesquelles ils s’en sortent plutôt bien, alors qu’ils ne sont à l’origine pas vraiment chanteurs.

Et pour la partie vraie vie, on notera les performances de Bérénice Bejo qui fait un peu penser à Eva Mendes sur son appropriation du rôle - simple et touchante, mais aussi très déterminée.

En plus du second degré qui nous fait rire (ou sourire) de la première à la dernière seconde, en plus de la partie comédie musicale qui nous fait garder les chansons en tête longtemps après la séance, le film en profite pour faire le tour des clichés du genre (visiblement, les hétéros ne sont pas romantiques !) sans tomber dans le kitsch-années-50.

Un film reposant, idéal après une longue semaine de travail !

Bande annonce (attention, révèle une partie de l’histoire…)

Review: Enchanted / Il Etait Une Fois


Il Etait Une Fois” un monde féérique de dessin-animé, où tout va bien comme dans un conte. Et à côté, la vie réelle, qui n’a rien de magique, entre le boulot et les ennuis.

Et il y a cette princesse, envoyée dans la vie réelle par l’abominable belle-mère (toujours elle !), que son prince charmant va tenter de récupérer. Mais la vie est un monde où tout ne finit pas toujours bien, où ils ne vécurent pas forcément heureux et surtout n’eurent pas beaucoup d’enfants (mais ça, c’est pas grave).

Et pour lui expliquer la dure réalité, quoi de mieux qu’un homme seul, père d’une petite fille, et qui est tout simplement avocat spécialisé en divorces ?

Un conte plein de magie et de candeur, d’humour élaboré et jamais trash, de douceur et de beauté, où le manichéisme des fairy tales s’accompagne d’animaux qui parlent, de pommes empoisonnées, avec une touche de Cendrillon. Les références ne manquent pas de faire rire une salle pleine, jusqu’aux applaudissements en plein milieu de séance et à trois reprises… (!) Une manière comme une autre de remercier les producteurs d’un film prévisible mais complètement différent d’un simple dessin animé, où tout le jeu est fait sur cette différence entre le conte et la vie.

Amy Adams est tout simplement charmante - et d’autant plus dans sa version réelle - mais la fille de l’avocat est encore le plus beau lien entre les deux mondes : une petite que l’on ne veut (ou sait) pas trop laisser rêver, à qui on aimerait conserver les pieds sur Terre sans lui donner d’illusions trop grandes, et à qui il manque une mère qui lui raconterait des histoires. On notera la présence de la sublime Julie Andrews en narratrice pour la version originale, qui n’est autre que… Mary Poppins !

Review : Rat-a-too-ee


Un rat qui rêve de devenir un grand cuisinier parisien, à l’image d’Auguste Gusteau, chef et auteur de “Tout le monde peut cuisiner”, c’est Ratatouille - sous-titré Rat-a-too-ee en anglais, en salle depuis quelques mois en France mais à paraître en Octobre aux UK…

Voici une nouvelle production des studios Pixar, tout en images (de synthèse) et en humour. Au niveau de l’histoire, un clin d’oeil agréable à la France et à sa gastronomie légendaire, à ses critiques aux dents acérées, à ses habitants souriants.

Une bande originale bien sympathique, quelques musiques françaises (même dans la version originale !) de Michael Giacchino, dont Le Festin, interprété par Camille… Et une ouverture sur un extrait de notre hymne national, rapidement détourné vers un joli morceau d’accordéon*.

Un Festin pour les oreilles autant que pour les yeux, comme nous l’a déjà prouvé Pixar. Notez qu’il leur faut plusieurs heures pour compiler une seule image d’un film tel que celui-ci ! La modélisation d’animations comme les mouvements de poils ou cheveux est une vraie plaie pour les animateurs, même s’ils ne les animent pas tous un à un.

Un beau cadeau envers la France, qui rattrape les clichés très simplistes de Two Days in Paris

* à découvrir sur Deezer > “Ratatouille” > Cliquer sur “Ratatouille” dans Album

Review : Nos amis les Terriens


Une seconde review dans la semaine, parce que la régularité n’est pas toujours de mise dans les sorties cinéma : c’est Bernard Werber qui s’y colle, pour Nos amis les Terriens.

De Les Fourmis à Nous les Dieux, Werber a tenté à travers ses romans de parcourir l’évolution des êtres, humains, anges, ou même dieux, et nous livre ici son premier film, avec pour but de nous analyser, sous l’angle de vue d’éventuels êtres extra-terrestres.

L’idée : deux couples sont séparés, un homme d’un couple et une femme de l’autre sont retenus captifs ; les deux derniers sont laissés en liberté. Et l’étude débute, traversant les repas, la toilette, la locomotion, et toutes ces choses qui nous semblent si naturelles et sont pourtant purement culturelles.

Une légère touche d’humour accompagne agréablement le tout, suivie d’une bonne part de réalisme. Le jeu d’acteurs est correct sans être exceptionnel, avec la découverte d’ Audrey Dana, charmante actrice représentant l’être débrouillard qui n’a besoin de personne, et avec la voix de Pierre Arditi qui se prête plutôt bien au sujet.

L’histoire reste cependant un peu maigre et sans surprise, quasiment aussi courte que le livre associé à ce film : il est plus intéressant de chercher l’élément drôle suivant que de réfléchir à la fin du film. Werber reprend une grande partie de ses thèmes préférés, comme l’organisation naturelle adoptée dans n’importe quel groupe (même animal) : à cinq, deux dominants, deux dominés (qui vont chercher la nourriture pour les dominants), un indépendant, et un souffre-douleur (qui ne peut pas aller la chercher ni s’imposer).

Un avis ainsi assez mitigé : un film dans la même lignée que les livres de Werber, mais plutôt pauvre en idées nouvelles, et parfois réducteur. Se voir soi-même comme l’on observerait des animaux à la télévision pose cependant quelques questions, auxquelles nous ne trouverons probablement pas immédiatement de réponse…

Review : Sunshine


Sunshine… Un film qui a le même nom qu’un autre film sorti en 2000, mais qui n’est pas vraiment sur le même sujet : cette fois, Allociné ne l’a pas classé sous “Drame, historique” mais sous “Science-fiction, thriller“.

Voyons ! Quelque part, le film a bien ceci d’historique qu’il évoque un problème susceptible d’arriver : l’extinction prévue du Soleil, menaçant les humains. Une solution possible serait — selon l’auteur — d’envoyer une charge explosive au coeur du Soleil pour relancer son activité. Le film relate ainsi la vie du second vaisseau construit dans ce but, qui loin là haut rencontre le premier engin parti sept ans auparavant.

Mais quelque part, c’est un drame. Un drame — sans révéler une trop grande partie du film — de voir tous ces morts dans l’espace, tous ces problèmes que peut rencontrer une équipe prête à se sacrifier pour sauver l’humanité. Et puis surtout, surtout, un drame de voir à quel point il est possible de gâcher de très bonnes idées.

Parce que voilà : si l’idée de départ semblait séduisante et vouée au succès, si les technologies mises en place et les effets spéciaux déroulés sont impressionnants (Science-fiction qu’ils disaient), la seconde partie du film, marquée par la première disparition d’un membre de l’équipage, rentre plutôt dans la catégorie thriller.

On passe du film plus ou moins cohérent (aux aberrations techniques près : système de création d’oxygène non doublé, ordinateur non redondant, survie sans combinaison dans l’espace, …) à un mauvais film d’horreur, sans trop verser dans le spoil.

Je regrette tout de même les espèces d’images subliminales pendant quelques dizaines de minutes, comme des photos de vacances diffusées par-ci et là à une vitesse empêchant de les perçevoir distinctement : d’une, il n’y a aucun interêt à cela ; de deux, l’impact de ce type d’images sur l’inconscient reste à vérifier*, et, si tel en est le but, décrédibilise le film.

En conclusion : un film correct pendant la première partie ; un scénario abracadabrantesque pour la suite et une fin des plus prévisibles. Dommage.

En tous cas, merci pour la sortie ;-)

* Tiens, un billet à ce sujet pourrait être intéressant.

Review : Arthur et les Minimoys


Un film souvent conseillé, parfois détesté, mais en tous cas diffusé dans la plus grande salle du CGR avec un écran absolument splendide. Tout y était pour nous faire réellement vivre ce film, à part peut-être une certaine personne*.

Dans un décor entre animation et réalité, dans un monde enfantin et encore plein de magie, Arthur découvre les minimoys à travers une histoire plutôt manichéenne. Si la simplicité annoncée de celle-ci plaira aux plus jeunes, elle aura également de quoi illuminer les plus âgés, entre clins d’oeils et humour, entre sourire et rêves.

Comme toujours, une légère histoire d’amour entre deux baisers volés, rapprochant un petit d’une dizaine d’années et la princesse Mylène Farmer, un bout d’ange autant au cinéma qu’en cédé. Ce rôle semble d’ailleurs avoir été monté pour elle : regardez simplement l’aspect de celle à laquelle elle prête sa voix (ci-dessus), une petite rousse délicieusement charmante.

Si les traits des Minimoys semblent agréablements parfaits, si les réalisateurs ont décrit les moindres détails de leur anatomie, n’oubliez pas de fermer les yeux quelques instants histoire de voir Mylène et les autres prêter leurs voix à ces êtres ; on regrettera par exemple que le petit “semble” doublé par une voix de jeune femme au lieu de celle d’un enfant… Mais qu’importe, le spectacle aura de quoi vous émerveiller pendant une heure et demi, et c’est bien ce qu’on lui demande.

* Oubliez ;-)

Madame Irma


Comme précisé dans le post précédent, me voici de retour de chez Madame Irma, de Bourdon & Légitimus.

En bref, Francis, cadre supérieur, perd son travail et trouve la géniale idée de devenir Madame Irma, voyante, pour continuer à payer ses dettes et surtout éviter d’avouer la vérité à sa femme.

Le cadre — c’est le cas de le dire — de cette comédie française est ainsi défini ; le jeu d’acteurs est laissé aux ex-Inconnus (sauf un), et, sans être lourd (ce qui pourtant arrive très facilement…), Didier trouve le moyen de caser tout une série de scènes plutôt (et même carrément) amusantes. Ne révélons pas tout, mais gardons quand même cet extrait (en vidéo c’est tout de même mieux) :

- (Voyante) Je vois je vois.. que votre couleur, c’est l’orange !
- (le mec) Hé t’as vu… Elle est forte quand meme…
- (Bourdon à la voyante) Non déjà, lui il est chez SFR !

J’avoue ne pas avoir résisté à ce passage, mais l’avantage c’est que le reste de la salle s’en amusait aussi.

Et comme je vous aime beaucoup, je vous propose cette vidéo, à voir et revoir.

Vous remarquerez en fond la BO, plutôt sympathique et entraînante : j’ai aimé.