Review : Slumdog Millionaire (fans, s’abstenir !)
Nous distinguons :
- Les films que vous voulez absolument voir, et qu’en général vous appréciez parce que dans la lignée de ce que vous aimez ;
- Les films qu’on vous propose de voir, qui sont souvent intéressants car les personnes qui vous les proposent vous connaissent ;
- Les films que vous devez voir, parce que tout le monde en parle.
Pour moi Slumdog Millionaire est un cas typique de troisième catégorie : le thème me semblait un peu convenu et simpliste, et l’intrigue ne m’a pas attiré outre mesure. Au vu des critiques du public, j’ai profité d’un vendredi soir de plein hiver pour me remettre à niveau.
Preuve que ma première intuition n’est pas tellement mauvaise, je sors effectivement ennuyé, déçu, et étonné du retentissement médiatique autour d’un film tellement cliché et prévisible.
Prévisible, tout d’abord, parce qu’il est évident qu’il va gagner l’émission de télévision à la fin et retrouver sa dulcinée, parce que la question finale est annoncée dès la douzième minute, parce qu’il n’y a aucune intrique, aucun fil rouge, et rien qu’une suite d’anecdotes rapidement pénibles. J’irais jusqu’à dire lassant, par le rythme très convenu : question / anecdote de sa vie pour répondre à la question / autre question / autre anecdote.
Tout sauf réaliste, ensuite par l’enchaînement des questions qui tombent pile dans le même ordre que les événements de sa vie, qui sont tellement simples que n’importe qui pourrait gagner tous ces millions (les indiens seraient-ils si peu cultivés ?). Peu réaliste par l’avancée sociale des deux enfants en quelques années (passant des bidonvilles aux lunettes de soleil et au téléphone portable), par toutes ces coincidences qui résolvent tous les problèmes sans réelle raison. Même les films fantastiques sont plus cohérents.
Particulièrement dégradant et – disons-le franchement – assez dégeulasse : dans la première scène, un enfant saute dans une mare de déjections pour obtenir un autographe ; plus loin, un autre est aveuglé sous nos yeux : le nombre de scènes affreuses de ce type est constant et consternant du début à la fin du film.
Assez mal réalisé, enfin : je passe sur les dizaines d’erreurs et d’anachronismes dans ce film, pour m’arrêter sur ces points précis et particulièrement importants :
- « Qui veut gagner des millions » n’est jamais en live, mais systématiquement enregistré pour ne pas biaiser l’appel à un ami, ce qui rend caduque la trame de base du film ;
- Enfant, ledit millionnaire parle uniquement Hindi, et de mémoire uniquement anglais adulte. La raison ? Les acteurs jouant les enfants en question ne parlent pas anglais. Rien de plus. Quelle cohérence !
Moi qui ai l’habitude de faire des reviews positives sur les films d’animation, décalés, drôles, féériques et même – chose étonnante – sur quelques comédies romantiques françaises, j’espère ne pas m’attirer les foudres des amoureux inconditionnels de ce film ou de Danny Boyle, que, soit dit en passant, je n’ai pas non plus apprécié dans Sunshine.



Tu devrais faire un procès à l’académie des arts et sciences du cinéma!