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Des marchés boursiers au marché de l’emploi
« C’était un jour, c’était il y a un an, c’était il y a une éternité. C’était avant la crise. Les jeunes diplômés n’avaient que l’embarras du choix. Les X rêvaient de costumes Paul Smith et de bonus à Wall Street ou à la City. Quant aux élèves d’écoles de commerce, ils ne juraient que par les cabinets de conseil ou les temples de la finance. Et puis le 16 septembre est arrivé. [...] «
Septembre n’est visiblement pas le meilleur mois du monde. Poursuivons.
« Un krach au pire moment, celui où les diplômés de frais sont en lice pour un premier vrai job, après des stages plus ou moins passionnants. [...]«
Plutôt plus que moins par ici, mais continuons tout de même à lire cet article.
« Quelques signes épars, quelques confidences recueillies ici et là et quelques statistiques tombées de frais permettent d’effectuer un pré-diagnostic pas vraiment folichon. Il suffisait de se promener récemment sur les forums d’échanges et les salons dédiés à l’emploi et de dresser l’oreille. Les jeunes diplômés rencontrés sont dans l’attente. D’une réponse, favorable ou pas, au sujet d’un CDI d’après stages pour certains. De nouvelles de leur candidature après un entretien pour d’autres. Et pour d’autres encore, d’un simple signe de vie de l’entreprise ou du cabinet où ils ont postulé. La ritournelle de la rentrée ? « On vous rappellera ». »
Tout ça, c’est Cadremploi.fr (le site emploi du même groupe que Le Figaro) qui nous l’écrit, et en faisant un peu le tour des offres d’emploi des grands groupes, j’ai comme l’impression qu’ils n’ont pas tout à fait tort sur le coup.
Réparation d’un câble sous-marin en fibre optique
Internet, c’est avant tout un ensemble de câbles qui relient tous les continents entre eux, et nombreux sont ceux qui passent sous l’eau. Il est de plus en plus question de rupture de câbles sous-marins, isolant des pays, des îles, ou en tous cas limitant grandement leur bande passante en attendant une éventuelle réparation…
Il y a des équipes de marins et d’experts en fibre optique dont c’est le métier, et qui parcourent les océans pour déterrer, réparer, et remettre en place la fibre optique. La division France Télécom Marine (qui s’occupe de 120 000 km de câbles !) consacre ce mois-ci un mini-site interactif qui explique les différentes étapes de la réparation sous la forme d’un reportage télévisuel.

Il n’y a pas des centaines de pages à lire ligne par ligne, pas de longs discours techniques et incompréhensibles, alors jetez-y un oeil !
Accéder au site Orange – Rupture d’un câble… alerte rouge !
Énergies fossiles : comment varient les prix ?
Lorsque chacun y va de ses petits calculs, lorsque chacun devient expert économique du portefeuille des ménages français, on tombe rapidement sur des interrogations de ce type :
Quand le baril de pétrole était à 150$, on payait le litre de gazole 1,50€
Maintenant qu’il est à 90$, pourquoi ne paye-t-on pas le litre 0,90 € ?
Forcément, c’est la faute du gouvernement (logique !), c’est une nouvelle taxe, c’est la faute des producteurs, des distributeurs – bref, à première vue, ça ne semble en tous cas pas normal ! C’est une idée reçue qui revient très souvent et qui mérite un certain développement et un peu de réflexion – alors autant s’y lancer une fois pour toute. Certes, il y aura quelques graphiques dans ce qui suit, mais, promis, je ne serai pas trop lourd.
Décomposition du prix du carburant
Quelle est la part de taxes dans le prix du carburant à la pompe ? Quelle est la part de pétrole brut ?
La réponse est donnée sur le site de l’ UFIP par un schéma très explicite :

Ce que l’on résume ainsi :
- Le prix à la pompe est composé de 49% de taxes pour la gazole, 59% pour le sans-plomb (incluant TVA et TIPP) ;
- Le prix du carburant est composé de 18% de coûts de raffinage et distribution pour le gazole, 8.5% pour le sans-plomb ;
- Il n’y a que 30 à 33% du prix du carburant à la pompe directement lié au coût du pétrole (« Brent »).
Sur un sans-plomb à 1.30€/litre, le pétrole en lui-même n’intervient que pour 0.43€ !
Influence de l’euro
Évidemment, le prix du baril étant donné en dollars, le taux de change euro-dollar intervient : plus l’euro est fort, moins il est coûteux d’acheter des dollars, donc moins le baril est cher. Voici un graphique reprenant l’évolution de ce taux de change :

Evolution du prix du baril en dollar et en euros
Pour tous les graphiques, je suis parti des données librement disponibles sur le site de l’UFIP. Ils se limitaient à donner la valeur en $/baril, là où je vous propose le prix en €/baril. Voyez donc l’évolution du prix du brent (pétrole brut de référence au niveau mondial) :
La différence entre les deux graphiques – et donc l’influence du taux de change euro-dollar – n’est pas spectaculaire. Lorsque le baril a atteint les 80€, le carburant à la pompe pouvait arriver à 1.51€/litre (sans-plomb 95) dont, conformément à mon calcul précédent, seulement 33% = 0.50€ par litre directement liés au prix du baril.
Lorsque le baril est repassé à 60€ (baisse de 25% du brut), la part du prix du carburant liée au baril (soit 0.50€) a aussi baissé de 25% ce qui représente une baisse de seulement 0.125€ à la pompe* (baisse de 8% du prix du carburant). Il est donc tout à fait normal de ne pas constater une répercussion fulgurante des baisses de prix du pétrole brut à la pompe.
Une idée reçue qui a encore de longs jours devant elle…
(* Remarque importante : le calcul est largement simplifié ; il faudrait faire le calcul en « hors taxes » puisque si le prix HT baisse, les taxes qui s’ajoutent baissent également. En pratique, la baisse représente donc légèrement plus de 0.125€)
Boite aux lettres : « la mémoire tout court »
Parce qu’il n’y a pas que les spammeurs qui nous écrivent, mais aussi des vrais gens qui ont des vrais problèmes, apprenons ensemble tout ce qu’il ne faut pas faire pour demander un service à quelqu’un. J’ai en effet récemment reçu l’e-mail suivant.

La pièce à conviction
Voici les questions auxquelles il faut toujours répondre lorsqu’un nouveau document nous est présenté (selon nos anciens professeurs d’histoire-géographie) :
- Qui ? Ça commence mal, je n’en ai presque aucune idée. Pour être honnête, il s’agit d’un cousin éloigné à qui je n’ai pas parlé depuis bien… quatre… cinq… douze… bon, d’accord, je crois que je ne lui ai jamais vraiment parlé plus de deux minutes.
- Où ? Cette adresse e-mail, il l’a probablement eue à travers son frère qui m’écrit au moins une fois par an, et qui l’a lui-même eue de mon père. Avantage notable : c’est une adresse pro qui sera bientôt détruite.
- Pourquoi ? Parce que celui qui fait de l’ordinateur dans la famille a forcément le temps de servir de technicien informatique gratuit. C’est connu !
- Combien ? Comme c’est de la famille (paraît-il), on va lui proposer un tarif de dépannage informatique avantageux de seulement 20€ par heure (toute heure commencée est due). Je crois que je vais déjà compter 2h pour ce billet.
- Quoi ? Après une étude approfondie du cas qui nous concerne, voici la liste des problèmes affectant l’ordinateur de notre client (s’il paye, c’est un client !) :
- Problème avec le correcteur orthographique de sa messagerie : le correcteur semble positionné sur une langue étrangère connue de lui seul. Solution : configurer le correcteur orthographique et grammatical sur « Français (France) ». Il n’est pas impossible que cette langue ne soit pas installée par défaut sur l’ordinateur du client…
- Mauvais fonctionnement du clavier : la touche « Entrée » est défectueuse, tout le texte ayant été entré sur une ligne. Solution : changer de clavier. Si le problème persiste, changer de client.
- Problème avec la touche « espace » de son clavier : en effet, la typographie française demande des espaces avant et après les signes de ponctuation, et des majuscules en début de phrase (cf. objet du mail). La touche « espace » fonctionne visiblement de manière intermittente. Solution : changer de clavier.
- Problème de disposition des touches : le clavier AZERTY a été remplacé par un clavier de téléphone portable, et le « T9″ a été désactivé, ce qui oblige le client à écrire en « langage SMS ». Solution : se munir d’un clavier comportant plus de 15 touches. Si le problème persiste, expliquer au client que l’e-mail n’est pas facturé au nombre de caractères.
- Problème avec la signature automatique de sa messagerie : celle-ci a visiblement été désactivée sans qu’il ne le remarque, ce qui fait que l’e-mail a été envoyé (contre la volonté du client) sans aucune signature. Solution : réactiver la signature automatique.
- Problème de tact : si Word intègre de nombreux correcteurs et dictionnaires, il n’est cependant pas encore en mesure de distinguer un mail « pour prendre des nouvelles, et en passant poser une question » d’un e-mail purement intéressé. Le « Sinon le boulo ce passe bien ?? » (qui obéit à la règle de trois : une faute d’orthographe, une faute de grammaire, une faute de typographie) compense difficilement le reste – surtout quand la personne en question n’a strictement aucune idée de ce que je fais dans la vie, pour être clair.
- Problème de politesse : certains savent difficilement dire (dans notre cas : écrire) un simple « s’il te plaît » ou un « merci d’avance ». Solution : ajouter « Merci et bonne journée » à la signature automatique du client insérée en fin d’e-mail. Même le technicien du support informatique du bureau – pourtant payé pour traiter ce genre de courriers – appréciera.
Tout ceci se résume probablement en un unique « petit problème » d’ interface chaise-clavier. Solution : remplacer l’interface chaise-clavier.
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