The End


Dernière scène : fin du film. Ecran noir. Les veilleuses s’illuminent et demandent au spectateur de s’en aller aussi vite qu’il est venu. La soirée est terminée, charge à lui de la poursuivre encore une heure ou l’autre s’il le souhaite – charge à lui de repousser l’heure de la fin.

Déménagement : même histoire. Dernier passage dans cette boulangerie, dernières salutations à la concierge, dernière utilisation de cette clé – dernière fois qu’il verra cette fougère, ce bâtiment, ou cette rue.

Chaque évenement de la vie, qu’il s’agisse d’une série télé, d’un emploi, d’une amitié, a une fin, et finalement, il faut s’y faire, et accepter qu’il y a des choses que nous ne ferons plus ou que nous ne verrons plus. Même si le changement est bénéfique, même si l’appartement suivant sera plus grand ou mieux placé, même si nous quittons une personne en sachant que nous la reverrons quelques mois plus tard, nous conservons tout de même ce petit pincement au coeur qui nous fera presque regretter le passé.

Ce sentiment vient – au moins dans mon cas – d’une peur de l’oubli : peur d’oublier les évenements heureux qui ont eu lieu sous ce toit, d’oublier ces personnes ; peur d’un manque à venir, peur du fait que cette situation ne se reproduira peut-être jamais. En conséquence, nous tentons de faire durer le plus possible le présent : repousser la fin une sortie car nous ne reverrons ces personnes que dans un mois, ou même finir un plat que nous n’aurons pas l’occasion de retrouver de sitôt.

Dans d’autres cas, c’est une peur du changement, du futur, de l’inconnu (alors qu’il est si facile de se raccrocher à ce qu’on connaît) – c’est ce qu’explique l’auteur du très court Qui a piqué mon fromage ?, de son nom original Who moved my cheese?, où le fromage représente notre objectif (accomplissement personnel, bonheur, argent, amour, santé ?). Cet objectif se déplace au cours du temps, et il est nécessaire, surtout dans un cadre professionnel, de savoir s’adapter, plutôt que d’attendre cette inévitable fin.

Ce sujet se rapproche beaucoup de la question philosophique du désir et de la recherche du bonheur : le meilleur moment est-il le désir ou son accomplissement ? Le désir est-il une insatisfaction, ou un moteur nous permettant d’atteindre le but suivant ?

Informations et liens

Rejoignez le mouvement en commentant, en suivant ce que les autres ont à dire, ou en faisant un lien vers ce post depuis votre blog.


Autres posts

Écrire un commentaire

Prenez un moment pour commenter et nous dire ce que vous pensez. Vous pouvez formater votre texte avec des balises HTML.

Commentaires

Soyez le premier à laisser un commentaire !