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Photographie d’une plage


Replir des cartes postales : voici la corvée de l’été de retour pour de nombreux vacanciers.

Un bonjour de {nom_ville} où nous passons d’agréables vacances sous le soleil – {votre_nom}

Impersonnelle au possible, recopiée de carte en carte sans y réfléchir, comme un écolier ferait sa colle du mercredi après-midi, la carte postale fait pourtant fureur de la côte Sud à la côte Ouest.

Gros bisous de {nom_ville}, le soleil brille, la mer est chaude

Si elles ne sont pas écrites pour tenir au courant d’éventuels inquiets, puisqu’elles arrivent souvent après le retour des heureux vacanciers, leur seul but pourrait encore être de monter que l’on pense à quelqu’un via une carte.

Mais être si expéditif et répétitif (même si certains s’arrangent pour que deux personnes qui se connaissent ne reçoivent pas exactement le même texte ni la même image) ne semble pourtant pas former une preuve irréfutable du temps passé à penser à ce cher destinataire…

Bisous de {nom_ville}, pensée à vous qui travaillez

Dans l’idéal — c’est ainsi que je le conçois et que je m’applique à l’écrire — la carte postale, au même titre qu’une carte de voeux*, devrait, pour plaire, être tournée vers le destinataire — c’est-à-dire personnelle. Qu’avons-nous en commun avec lui ?

Partager le plaisir de nos congés, faire ressentir nos émotions en moins de dix lignes, le faire être heureux pour nous, et heureux de recevoir de nos nouvelles; le rendre heureux de voir que l’on pense à lui, pas simplement qu’on a noté son nom dans notre agenda. Envoyer une carte, c’est réfléchir à ce qu’il aurait pu apprécier dans nos vacances, c’est lui montrer notre affection profonde, notre envie de le revoir — pour peu que ces sentiments existent réellement.

Les filles sont belles, le soleil est chaud à {nom_ville}, dommage que tu bosses !!!!!

Qui appréciera une énième carte qu’il n’est même pas nécessaire de lire, avec la photographie d’une plage (prise probablement quelque part en France, ou non), qu’il oubliera dans cinq minutes lorsqu’il recevra la suivante ?

Nous te souhaitons un joyeux anniversaire — auriez-vous pu en souhaiter un mauvais ? Ecrire est un plaisir pour soi et pour l’autre, écrire doit stimuler le vocabulaire peu utilisé dans la vie courante, écrire amène à réfléchir sur ses relations et sur comment les contenter.

C’est un outil puissant qui permet d’informer, de manipuler, de convaincre — jusqu’à faire gagner une élection — ou au contraire qui décrédibilise. Et cet été, si vous avez encore l’occasion de partir, sachez l’utiliser, sachez faire plaisir.

* Il est facile d’élargir ce concept à tout document destiné à un public.

Musique : Bob Sinclar – Give a lil’ love


Message rempli d’amour et de candeur, pour un artiste éclectique plutôt connu pour des titres moins intéressants et plus commerciaux – Bob Sinclar, pour Give a lil’ love.

Point tout à fait appréciable : alors qu’en général, une chanson se répète vers la fin, le coeur d’enfants donne un nouveau souffle à la mélodie – à écouter jusqu’au bout pour en apprécier toute sa substance.

Printemps


L’été se termine, la vie reprend peu à peu son cours – en voici les premières preuves : rentrée politique, retour du Zapping RTL, rentrée de l’émission Happy Hour d’Antoine Baduel, retour de Nicolas Poincaré à la tête d’ On Refait le Monde (et probablement de polémistes un peu plus intéressants).

Bientôt, les nouvelles grilles de programme radiophoniques et télévisuelles, le retour à l’écran de nos séries américaines préférées, la réouverture des bibliothèques, musées, et lieux fermés en été, le redémarrage des tournées et concerts, bref : cet espace infiniment vide, ce temps pendant lequel tout s’arrête, arrive à sa fin, et de nouvelles idées fleurissent peu à peu dans toutes les têtes.

Juste avant l’été indien, bienvenue dans le printemps médiatique.

PDC (FR) : Péage urbain


Stage Londres > Point de culture > Péage Urbain / Congestion Charge

Circuler à Londres est payant, de l’ordre de 8£ la journée (12eur), avec tout de même 90% de réduction pour les habitants de la zone à péage. Mais… Comment ça marche ?

La technologie du paiement
Pour faire payer cette taxe, Londres n’a pas installé des centaines de (vrais) péages, comme sur nos chères autoroutes. La technologie s’est emparée du dossier :

  • L’utilisateur s’inscrit sur un Site Web
  • Il entre sa plaque d’immatriculation et son numéro de carte de débit
  • Lorsqu’il souhaite traverser Londres, il envoie un SMS à un numéro spécial, et est débité de 8£

Les zones payantes, étendues en février 2007 et couvrant désormais la majeure partie de Londres, sont simplement repérées par un C rouge, comme sur la photographie précédente.

Les caméras au service du TFL*
Pour vérifier que chaque utilisateur a bien payé, il n’a pas non plus été décidé de faire des contrôles inopinés. Des caméras de surveillance (encore !) surveillent l’intégralité du périmètre de la Congestion Zone, et enregistrent les plaques d’immatriculation traversant la zone**, à la manière des radars. Il suffit alors de vérifier que ces plaques ont bien acquitté leur droit de passage… Pour ceux qui ne l’ont pas fait, 50 à 100£ (75 à 150eur) de pénalité sont à prendre en compte.

Une efficacité contestée
Cette taxe, inégalitaire selon certains, n’a toutefois qu’une efficacité limitée : la fréquentation automobile en ville, entre avant le péage et aujourd’hui, n’a baissé que de 8%, alors que le trafic dans les zones périphériques a augmenté. Contourner Londres pour aller de l’autre côté de la zone à péage sans y passer augmente le temps de voyage moyen, et donc la pollution engendrée…

Une idée à l’étude en France
La capitale anglaise influence déjà la France au niveau de l’installation de caméras dans la rue — dans les rues, dans toutes les rues ? — des grandes villes. Le projet de péage urbain pour Paris n’est par contre pas encore à l’étude pour des raisons politiques (municipales à venir), même si l’ autoroute A14, payante, à des tarifs différents selon les horaires, peut déjà servir de premier pas.
Faire payer uniquement le boulevard périphérique serait-il le second ?
Les anglais sont en tous cas persuadés que Paris s’y mettra également.

* TFL : Transport for London, service public qui s’occupe de tous les services de transport (bus, métro, ..) et du péage urbain.
** Technologie ANPR (Automatic Number Plate Recognition), pouvant lire plus de 90% des plaques correctement

PDV (FR) : l’entreprise, un mois apres


Stage Londres > Point de vie > l’entreprise, un mois après

Six semaines sur dix sont passées; faire un premier point sur l’entreprise semble envisageable.

Sans hiérarchie, ou un peu quand même
L’ apparence non-hiérarchisée de l’entreprise, comme décrite précédemment, trouve enfin ses limites :

  • Au niveau officiel, les actions ‘dangereuses’ ou complexes nécessitent validation de la part d’une dizaine de niveaux : le hiérarchique direct (manager), le responsable technique (pour un logiciel), le testeur (pour un code), le reviewer, l’équipe qui s’occupe de la réalisation de l’action, … Peu de choses se font discrètement ou même facilement.
  • Au niveau humain, bien que, soit, chacun parle librement avec ses collègues, la pause café se déroule toujours entre personnes du même niveau hiérarchique, ou qui n’ont au contraire aucun rapport hiérarchique. Ainsi, les interns discutent avec les interns, mangent avec les interns, et causent surtout aux mentors pour leur parler boulot.

Ces limites, probablement nécessaires pour garder un semblant de cohésion, n’enlèvent pas la partie principale : il n’y a pas de ‘peur’ du supérieur, même s’il existe, il n’y aucune barrière à lui parler directement, ou même à organiser une soirée-repas en fin de stage. Et ça, ça ne se trouve pas dans toutes les entreprises.

Changer de poste pour ne pas mourir idiot
L’entreprise favorise les spécialisations : si chacun est spécialisé dans un domaine bien particulier, autant au niveau des News que de la section Recherche et Développement, il en sera d’autant plus productif. Rester lié aux informations sur les relations inter-banques en Asie du Sud n’étant pas forcément un objectif de carrière rêvé, l’entreprise propose cependant aux employés de changer de secteur régulièrement, et de faire profiter aux autres teams de l’expérience acquise ici et là. Un mélange intéressant pour évoluer, tout en connaissant son domaine.

Eviter les restes pour les stagiaires
Le stagiaire moyen a pour objectif de parfaire son expérience, et, peut-être, d’entrer dans l’entreprise par la suite. La meilleure solution est alors de lui donner du travail réel, qui sert à l’entreprise, qu’il aura à maintenir à jour jusqu’à son départ, mais qui n’est pas critique : l’idée est de ne pas donner seulement des ‘restes’ aux stagiaires ! Chaque stagiaire, sur les cent que nous sommes, travaille seul, pour une équipe donnée : il manque peut-être seulement un semblant de travail collaboratif, même s’il y a quelques communications avec les autres équipes ayant besoin du produit développé.

Un bilan plutôt correct, mais appartenant à un chapitre qui est loin d’être clos.

PDC (FR) : French Kiss


Moment doux de la journée: les embrassades du matin, quelques sourires échangés à moitié réveillé, pour attaquer du bon pied les heures quotidiennes de travail…

Nuit passée chez des amis ou arrivée devant la machine à café, toute occasion est bonne pour succomber au plaisir partagé de se frôler délicatement la joue, qui fait ainsi signe d’amitié — plus ou moins profonde — entre deux membres de l’espèce humaine.

En France. Au Brésil aussi. C’est ainsi que tout naturellement, j’embrasse notre amie stagiaire brésilienne tous les matins et certains soirs. Au contraire, les anglais de souche sont horrifiés par toute pratique pouvant rapprocher deux personnes à moins d’un demi-mètre. Il me faut mon espace vital, de la longueur d’un bras me confiait ainsi récemment une autochtone…

Les couples du métro sont bien en reste, pudiques, n’osant pas s’approcher à moins de quinze centimètres l’un de l’autre, et pourtant profondément amoureux. Les seuls s’autorisant à se poser l’un sur l’épaule de l’autre sont encore les étrangers, sous le regard mécontent des passants.

Pratique également bannie de Pologne: je n’ose pas, je suis trop timide, avance douloureusement un polonais (mais pas plombier, cette fois), avec un sourire forcé.

Cette intimité bien française est vite montée en grade pour créer le French Kiss, qui nécessite des explications pour bien savoir comment s’y prendre sans mordre le partenaire. How to French Kiss retourne plus de 55.000 résultats sur un moteur de recherche, mais vous n’avez pas besoin d’un dessin, j’imagine…

Joker


Alvin – Je choisis d’utiliser le 50/50
Jean-Pierre – Ordinateur, merci de retirer 50% du stage d’Alvin
Jean-Pierre – Voilà, il ne vous reste plus que cinq semaines à faire

PDV (FR) : Summer Party


Stage Londres > Point de vie > Summer Party

Moment unique dans la vie d’un stagiaire: la fête d’été de son entreprise – principalement lorsque l’entreprise a la taille de Bloomberg.

Entreprise leader dans les domaines financiers, elle n’est pas en reste pour l’organisation d’une journée plus détendue, s’immisçant dans les jardins d’un luxueux château anglais…

Animations, danses, concerts, mais aussi repas chinois, américain, végétarien, bonbons, sucettes, boissons aux fruits frais — vous ai-je parlé du marchand de glaces, qui arpente les rues du parc comme autrefois ?

Au vu de l’organisateur, il va sans dire que l’intégralité des festivités étaient offertes — incluant le karaoké, la grande roue et même l’attraction à sensations fortes.

Diverses animations ponctuelles sont venues agrémenter la journée, entre la course de chameaux et l’exhibition de porcs, et les décors ont été pensés dans les moindres détails, jusqu’à proposer des jeux d’échecs sur certaines tables, ou de confortables coussins où se lover avec délectation*…

Une grande place a été faite aux enfants, avec diverses attractions pour les plus petits, parcours éducatifs et créatifs, et surtout l’impossibilité absolue de les perdre : l’idée d’affubler tous les moins de dix huit ans d’une grande étiquette ‘Venu avec …, téléphone: …’, si elle est particulièrement ingénieuse pour les plus petits, devient plutôt amusante pour les teenagers de dix-sept ans !

Par contre, rien n’a été prévu pour ne pas perdre ses collègues du même âge, ce qui transforme rapidement une merveilleuse journée en parcours non-fléché assez insoluble, chose qui ne pourra cependant en rien retirer le plaisir extrême de la compagnie de certaines personnes de l’entreprise…

Une nouvelle preuve de l’aplanissement des relations hiérarchiques chez Bloomberg — le patron a eu autant de glaces que le stagiaire — et une bonne idée de week-end, même si le personnel est un tant soit peu démotivé le lundi suivant.

* Là on comprend pourquoi je n’ai pas la motivation de traduire ce post en anglais.